Les hauts et les bas des dons de bienfaisance en 2020.

Cet article a été initialement publié sur Découverte et apprentissage.


Un rapport de Services économiques RBC traitant des répercussions de la pandémie sur les dons de bienfaisance au Canada souligne la dure réalité à laquelle certains organismes de bienfaisance canadiens doivent faire face, les disparités présentes au sein du secteur et les habitudes des Canadiens en matière de dons.

Deux grands thèmes ressortent de ce rapport :

  1. une baisse des dons de 4 % a été enregistrée en 2020, mais ce recul est surtout attribuable à l’absence d’événements de collecte de fonds en direct qu’aux difficultés financières des donateurs ;
  2. certains organismes de bienfaisance ont obtenu de meilleurs résultats que d’autres, en grande partie parce qu’ils ont adopté de nouvelles technologies et de nouvelles plateformes pour joindre leurs fidèles donateurs et en attirer de nouveaux.

 
Nous avons eu l’occasion d’écouter les commentaires de deux de nos organismes de bienfaisance partenaires à propos des conclusions du rapport et le récit de leur expérience propre du travail dans ce secteur au cours de cette année déconcertante. Ces deux partenaires ont pris le virage numérique pour créer ou réinventer des programmes visant à soutenir au mieux leurs collectivités en ces temps incertains.

Jane Hopgood, Artscape


Artscape a lancé artsUNITE, plateforme en ligne nationale vouée au partage des connaissances et à l’orientation du secteur des arts, et dont les services permettent un accès équitable au financement, aux possibilités d’emploi, à la formation et à des conseils. La plateforme répond aux besoins immédiats découlant de la pandémie et contribue à la reprise, au renouvellement et à la croissance à long terme du secteur des arts.

Nabil Ali, IDRF


International Development and Relief Foundation (IDRF) a repensé son programme : fort d’un nouveau contenu et d’une nouvelle technologie de diffusion, le programme vise à aider les jeunes Canadiens à surmonter les obstacles qui se dressent entre eux et l’obtention d’une aide pédagogique ou l’accès au marché du travail lorsqu’ils tentent d’atteindre leurs objectifs de carrière.

Les débuts…

Au début de la pandémie, Artscape et IDRF ont dû mettre en veilleuse leurs activités philanthropiques habituelles pour s’attaquer aux effets dévastateurs de la pandémie et aux besoins criants des collectivités qu’elles servent. Au printemps dernier, Artscape a pu constater que, dans les semaines qui ont suivi les éclosions de cas de COVID-19, près de 40 % de la population qu’elle sert appréhendait l’insécurité alimentaire. RBC a alors apporté son soutien financier à cette réponse directe aux problèmes de pénurie alimentaire et de logement. « À ce moment-là, aucun programme gouvernemental n’avait encore été mis en place, et il était vital que nous réagissions rapidement, explique Jane Hopgood. RBC a toujours eu une approche réfléchie et stratégique en ce qui concerne le financement des projets… au final, cela nous a aidés à obtenir des dons supplémentaires de la part de philanthropes du secteur privé. »

IDRF a aussi mis le pied à l’étrier en distribuant rapidement des trousses de quarantaine et des paniers de nourriture, mais les priorités n’ont cessé d’évoluer au cours des mois qui ont suivi. « Nous savions que la technologie jouerait un rôle clé dans la façon dont il nous faudrait fonctionner pour offrir nos programmes, explique Nabil Ali. Nous adapter était le mot d’ordre, mais pour cela, nous devions nous assurer d’investir dans les technologies appropriées, et c’est ce que le soutien de RBC nous a permis de faire. »

À l’instar des principales conclusions du rapport de Services économiques, Nabil Ali suggère que « les organisations qui n’ont pas modifié leurs programmes ou leurs initiatives sont celles qui ont eu le plus de difficulté. » Il ajoute qu’il a toujours été difficile d’obtenir les ressources nécessaires pour investir dans les technologies. « La pandémie a mis cette situation inéquitable en évidence ; c’est quelque chose sur quoi nous comptons bien travailler. », affirme Nabil Ali.

Et ensuite ?

Un des aspects positifs de la « distanciation sociale », c’est qu’elle a permis de toucher un public plus vaste, voire planétaire. « La transition vers un environnement virtuel nous a permis de mondialiser nos activités et, en tant qu’organisation, cela a été pour nous un virage décisif », rappelle Jane Hopgood. Et Artscape ne compte pas perdre cet élan de sitôt. Jane Hopgood dresse un bilan positif des dons reçus en 2020 : « Somme toute, c’était mieux que ce que j’avais prévu », dit-elle.

« Au début, ces programmes virtuels ont été mis gratuitement à la disposition de tous par nécessité. À présent, nous cherchons le moyen de maintenir ces services », poursuit Jane Hopgood. L’IDRF est dans le même état d’esprit. « Nos programmes canadiens étaient déjà en place dans cinq villes, mais la pandémie nous a permis d’étendre la portée de nos activités et d’intervenir à l’échelle nationale, explique Nabil Ali. Le virtuel permet d’accueillir tout le monde. » En 2020, l’IDRF est venue en aide à plus de 10 000 personnes par des activités mises en place en réponse à la COVID-19, des programmes d’éducation et de la formation professionnelle.

Le pouvoir de l’adaptation

Le rapport de Services économiques RBC montre que les dons ont augmenté de 21 % en décembre par rapport à l’an dernier. De notre côté, des milliers d’employés de RBC sont parvenus à amasser la somme remarquable de 23 millions de dollars. Ils ont ainsi permis d’offrir une aide essentielle à plus de 5 000 organismes de bienfaisance, ce qui surpasse toutes nos campagnes de dons des employés précédentes.

Qu’est-ce qui attend ces organismes de bienfaisance ? Le long chemin de la reprise emprunte la même stratégie – où le mot d’ordre est « s’adapter ».

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.